séminaire du pôle évolution du vivant - vendredi 18 mars 2011

Usage de la technique FISH sur les microsporidies:  pourquoi ? comment ? quelques exemples

Aurore Dubuffet, University of Kiel, Zoological Institute

vendredi 18 mars 2011, 14 h 30, amphi Monge


Résumé

Organismes largement ignorés dans le passé, les microsporidies suscitent de nos jours un intérêt grandissant. Ces parasites unicellulaires sont non seulement pathogènes pour des animaux économiquement importants tels que le ver à soie ou l'abeille, mais sont également considérés comme pathogènes émergents de l'homme. De nombreuses questions concernant leur diversité, leur prévalence, leur présence dans l'environnement ou leur mode d'infection n'ont pas encore été élucidées, notamment dûes au manque de méthodes permettant de les détecter rapidement et spécifiquement.

Outre leur importance épidémiologique, les microsporidies constituent également un modèle biologique d'intérêt en biologie évolutive, notamment a cause de la diversité dans leur modes de transmission : certaines espèces alternent entre transmission horizontale et verticale, tandis que d'autres sont strictement transmises horizontalement, et d'autres encore verticalement. On s'attend donc a ce que la nature des pressions évolutives exercées sur ces parasites diffèrent d'un mode de transmission à l'autre, les espèces à transmission horizontale devant maximiser la production de spores, et les espèces a transmission verticale devant maximiser leur transmission à la descendance, soit via des effets positifs sur la fitness de leurs hôtes, soit via la manipulation de leur reproduction. La féminisation d'hôtes crustacés (gammares) est par exemple observée chez plusieurs espèces de microsporidies appartenant à des clades bien distincts. Ceci amène à s'interroger sur l'existence potentielle de convergences évolutives dans les mécanismes employés non seulement pour achever cette féminisation mais également pour assurer la transmission verticale.

Enfin, la variabilité génétique de résistance aux microsporidies au sein de populations hôtes est rarement mise en évidence et sa base génétique complètement inconnue, du fait de l'absence de modèles biologiques permettant de concilier approches écologiques (variabilité naturelle de résistance) et génétique (caractérisation des gènes impliques). La découverte récente de microsporidies infectant l'animal modèle Caenorhabditis elegans permet d'approcher ces questions.


La technique FISH (fluorescent in situ hybridization) est une méthode incontournable dans l'étude des microorganismes. Cette technique, quasi routinière pour la caractérisation de nouvelles espèces de bactéries, leur détection ou leur localisation, n'a pour ainsi dire jamais été appliquée aux microsporidies.

J'ai développé cette méthode à l'université de Leeds afin de pouvoir étudier les stratégies de microsporidies féminisantes, et continue de l'employer sur le modèle C.elegans.

Ma présentation portera d'abord sur le développement de cette technique, puis sur les résultats que j'ai obtenus en l'employant.