thèse de Vincent Ollive

Enregistrement et quantification de la dynamique sédimentaire de la plaine alluviale du Rhin à l'Holocène : impacts climatiques et anthropiques

Thèse non financée

Directeur : Jean-Pierre Garcia

Soutenue le 17 décembre 2007

 

Résumé

Les relations existant entre la dynamique alluviale et les facteurs déterminants majeurs comme le climat demeurent assez bien maîtrisées et connues aux échelles de temps plurimillénaires et pluriannuelles. En revanche, il n’en est pas de même pour ces mêmes relations aux échelles pluricentennale et pluridécennale correspondant à l’échelle de l’occupation des plaines alluviales par les sociétés humaines. Pourtant, la compréhension de la dynamique alluviale est un enjeu majeur pour l’établissement de modèles, dans un contexte actuel ou l’occupation des plaines alluviales est susceptible d’être affecté par les fortes variations climatiques. Afin d’aborder cette question d’échelle, un segment du Rhin supérieur qui présente à la fois un style en tresses et un style en anastomoses a été sélectionné. Il offre la possibilité d’étudier à la fois les dynamiques d’occupation à haute résolution pour deux fenêtres temporelles clefs pour l’Holocène. L’époque romaine, marquée par l’anthropisation du milieu et des variations climatiques encore peu connues est mise en parallèle avec la fin du Petit Âge glaciaire, où l’occupation et le climat sont documentés avec une grande fiabilité.
Un large spectre méthodologique a été engagé intégrant à la fois la géomorphologie, la stratigraphie, la géophysique, le S.I.G., la palynologie, la dendrochronologie et l’archéologie. Cela a permis la mise en évidence :
1/ des variations de la fréquence des inondations du Rhin, parfois asynchrones avec d’autres bassins-versants français, ce qui atteste d’un contrôle prépondérant des caractéristiques intrinsèques des bassins-versants et du type de régime sur la dynamique hydrologique à long terme.
2/ des changements de la dynamique alluviale rhénane au cours du Petit Âge glaciaire. La géométrie de la plaine alluviale, le couvert végétal riverain, l’utilisation du sol, l’occupation anthropique sont décrits qualitativement et de façon quantitative pendant cette période précédant les aménagements anthropiques majeurs du 19e siècle. Ces résultats permettent de proposer les rôles respectifs des facteurs de contrôle majeurs à différentes échelles de temps et d’espace.

3/ des caractéristiques propres au paysage alluvial dans lequel le site d’Oedenburg s’est installé.

4/ des dynamiques d’occupation complexes au cours de l’antiquité pouvant être contrôlées par des contraintes historiques mais aussi par des contraintes environnementales. Quatre phases d’occupation majeures ont été mises en évidence grâce à l’analyse spatiale des monnaies romaines.
5/ des variations de la dynamique alluviale du Rhin au cours de l’antiquité se traduisant par des variations de la hauteur de la nappe phréatique mais aussi par l’occurrence de crues.


Mots clés

archéologie, cartes anciennes, forêts alluviales, inondations, géomorphologie, géoradar, monnaies romaines, prospections géomagnétiques, prospections pédestres, Rhin supérieur, sédimentologie, stratigraphie, système d’information géographique, tomographie électrique

 

Membres du jury

- Stéphane Bonnet, maître de conférences, HDR, UMR 6118 Rennes - rapporteur

- Christophe Morhange, professeur, CEREGE, Aix-en Provence - rapporteur

- Pascal Allemand, professeur, UMR 5570 Lyon - examinateur

- Michel Reddé, professeur, EPHE, Paris - examinateur

- Jean-Pierre Garcia, professeur, UMR 5565, Dijon - directeur de thèse

- Christophe Petit, maître de conférences HDR, UMR 5565, Dijon - directeur de thèse