thèse de Colin de Bruyn

Modalités fonctionnelles et évolutives des parasitoses développées par les crabes Pinnotheridae aux dépens des échinides fouisseurs. Étude du modèle Dissodactylus primitivusMeoma ventricosa

Sous la direction de Chantal De Ridder (ULB, Belgique) et Thierry Rigaud (uB, France)

Allocation de recherche FNRS
Début : 1er octobre 2006

Soutenue le 10 décembre 2010

 

Le tapuscrit de la thèse est téléchargeable [ ici ].

 

Résumé

Transmettre ses gènes apparaît comme le leitmotiv de tous les organismes vivants et le succès reproductif des individus (« fitness »), comme un facteur fondamental de l’évolution. Dans ce contexte, les associations symbiotiques sont des modèles biologiques particulièrement propices pour explorer la mise en œuvre des processus de sélection naturelle et d’évolution, les parasites et autres symbiotes représentant près de la moitié des espèces vivantes. Les crabes de la famille des Pinnotheridae sont des décapodes de petite taille (d’où leur nom de “pea crabs”) qui vivent en symbiose avec des invertébrés aussi divers que des polychètes, des mollusques, des échinodermes ou des tuniciers. Les symbioses développées par les crabes pinnothérides au cours de leur évolution - des cas fossiles ont été signalés – sont très diverses et correspondent aussi bien à des cas de mutualisme que de parasitisme. Par leur diversité –les pinnothérides comptent 252 espèces, leurs différents modes de vie symbiotique et l’ancienneté des symbioses, ces crabes sont un modèle privilégié pour l’étude des interactions durables avec d’autres invertébrés marins. Parmi les pinnothérides, les 13 espèces du complexe Dissodactylus sont exclusivement associées à des échinides irréguliers des régions tropicales et subtropicales des Amériques, notamment l’arc caraïbe ; il s’agit aussi des seuls pinnothérides symbiotiques d’échinides irréguliers. Ces espèces liées phylogénétiquement, sont distribuées de part et d’autre de l’isthme de Panama qui a joué un rôle déterminant au cours de leur évolution. La majorité des hôtes sont des clypéastéroides Mellitidae (cas de 8 espèces de Dissodactylus) ou des Clypeasteridae  du genre Clypeaster (cas des 4 espèces de Clypeasterophilus). Seule une espèce, D. primitivus, fait figure d’exception puisqu’elle est associée à des spatangoïdes (Brissidae). Les symbioses crabes Pinnotheridae-échinides irréguliers étaient qualifiées jusqu’il y a peu de commensales, les crabes trouvant refuge sur leurs hôtes. Cependant, observant que les crabes « broutent » les piquants de leurs hôtes et provoquent des lésions tégumentaires, on les qualifia de parasites. Depuis, les modalités de ce parasitisme (mode et cycle de vie des parasites, effets sur les hôtes) n’ont fait l’objet que d’études dispersées. Dans le cadre de ce travail, il est projeté d’explorer les symbioses entre crabes pinnothérides et oursins irréguliers en s’appuyant sur le modèle du couple symbiotique Dissodactylus primitivus - Meoma ventricosa pour tenter de comprendre le fonctionnement et l’évolution de ces symbioses.


Les recherches sont organisées selon cinq axes :

(1) le caractère obligatoire de la symbiose

(2) les modalités des interactions

(3) la dynamique

(4) la spécificité

(5) l’évolution de la symbiose

 

Mots-clés

 

symbiose, impact, différenciation, Caraïbes, Dissodactylus, Brissidae

 

 

Comité d’accompagnement

Michel Jangoux (ULB) et Serge Aron (ULB)