thèse de Stéphane Cornet

Interactions hôtes-parasites et évolution de l'immunocompétence chez des crustacés d'eau douce

Sous la direction de Gabriele Sorci et Yannick Moret

Début de thèse : octobre 2006

Soutenue le 9 décembre 2009

Contexte théorique

Le parasitisme est considéré comme une pression importante pour l’évolution des hôtes. Les parasites utilisent les ressources des individus qui les hébergent, et engendrent par conséquent un coût énorme puisque ces ressources ne pourront être allouées aux fonctions de l’hôte telle que la croissance, le maintien et la reproduction (ou plus généralement les traits d’histoire de vie). Le système immunitaire est probablement l’arme la plus efficace pour lutter contre les attaques parasitaires. Un intérêt grandissant s’est porté sur les interactions entre réponse immunitaire, risque de parasitisme et traits d’histoire de vie des hôtes. Or malgré les pressions de sélection qui semblent opérer sur les hôtes et sur l’expression des fonctions immunes, il existe encore une grande variabilité de la résistance des hôtes vis-à-vis des parasites et pathogènes. Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer le maintien de cette variabilité, notamment le fait que l’évolution et l’expression de la réponse immunitaire répondent à un principe d’optimalité résultant du bilan entre les coûts et les bénéfices de la mise en place de la réponse immunitaire. Le second concept se focalise uniquement sur les interactions hôtes-parasites et propose que le degré de coévolution soit à l’origine de la variation observée sur les défenses immunitaires.


Mes travaux de thèse vont donc se focaliser sur ces 2 concepts qui représenteraient un moteur puissant de l’évolution de l’immunocompétence. Plusieurs grandes questions seront abordées en utilisant principalement le modèle hôte crustacés amphipodes – parasites acanthocéphales.

  • Quantifier la variabilité du niveau de défenses à une échelle inter-populationnelle et étudier les relations avec (i) les autres traits d’histoire de vie des organismes hôtes et (ii) la prévalence parasitaire
  • Manipulation de l’immunité des hôtes par les acanthocéphales – caractérisation de l’immunosuppression
  • Rôle des invasions biologiques dans les interactions hôtes-parasites et effet de la coévolution
  • Effet de la coévolution sur le niveau d’investissement à l’immunité – phase expérimentale (modèle daphnie – microsporidie, en collaboration avec D. Ebert, Université de Bâle, Suisse)

Mots-clés

écologie immunitaire, crustacés, acanthocéphales, immunosuppression, coévolution