séminaire du pôle évolution du vivant - vendredi 1er février

Variation phénotypique, normes de réaction et spécialisation locale : une étude de cas

Jacques Blondel, UMR CNRS 5175 (centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier)

Vendredi 1er février 2008 à 11h, amphi Monge, bâtiment Gabriel

 

Un défi majeur posé aux populations naturelles est la conséquence écologique et évolutive de l’hétérogénéité des habitats et de leur subdivision croissante à la suite de leur fragmentation. On montrera à partir d’une programme à long terme sur les populations de mésanges dans les mosaïques d’habitats méditerranéens que la variation phénotypique et les normes de réaction qui en résultent peuvent entrer dans le cadre d’une « fenêtre de plasticité écologique» ou être une réponse adaptative génétiquement fixée aux changements d’habitats. L’adaptation locale des populations conduit à un éclatement en métapopulations dont les probabilités de survie décroissent à mesure que la fragmentation augmente. Nos études sur la Mésange bleue montrent que des régimes très contrastés de sélection peuvent conduire à une réponse adaptative d’une série de traits d’histoire de vie, et cela malgré un taux substantiel de brassage génétique à des distances géographiques inférieures au rayon de dispersion des organismes. On analysera certains de ces régimes de sélection, notamment ceux qui sont liés à des contraintes méditerranéennes qui peuvent être particulièrement sévères, en particulier le parasitisme et les contraintes alimentaires. On montrera aussi comment les composantes du syndrome d’insularité favorisent la différenciation locale en milieu insulaire. De tels travaux donnent une idée du degré et de la vitesse d’évolution des organismes en réponse aux changements de l’environnement. Ils sont nécessaires pour prévoir leurs réponses aux changements globaux en cours, notamment au réchauffement climatique.