conférence - mardi 18 mars

Perturbations environnementales et stockage de matière organique : l'apport des marqueurs paléoenvironnementaux

Laurent Riquier, université de Lille

Mardi 18 mars de 13 à 14 h, amphithéâtre d'Orbigny

 

Au cours du Phanérozoïque, de nombreuses périodes ont été marquées par la formation d’horizons sédimentaires enrichis en matière organique. Les causes de la préservation et de l’enfouissement de la matière organique sont multiples ; de nombreuses études menées depuis plusieurs décennies en ont cerné les principales. Elles dépendent essentiellement du contexte géologique et de différents facteurs physiques (niveau marin, climat, apports terrigènes) et chimiques (oxygénation des masses d'eau, apports en nutriments). Le stockage de carbone organique (Corg) dans des sédiments s’accompagne souvent de perturbations importantes des environnements et des écosystèmes, à différentes échelles de temps et d'espace, voire à l'échelle globale (impact sur le cycle du carbone et donc sur le climat).

Afin d’appréhender au mieux les interactions existant entre les différents facteurs contrôlant le stockage de Corg, et de déterminer les relations de cause à effet entre ce stockage, les conditions environnementales sensu lato et la biosphère, des études pluridisciplinaires et complémentaires sont nécessaires. À partir de deux cas d’étude, la limite Frasnien-Famennien (Dévonien supérieur) et le Berriasien (Crétacé inférieur), nous nous intéresserons à l’apport de marqueurs physico-chimiques à la reconstitution des paléoenvironnements propices au stockage de Corg.

Après avoir exposé brièvement le contexte et les questions scientifiques qui se posent pour chaque exemple, nous présenterons les résultats obtenus à partir de différentes méthodes analytiques : géochimie organique (biomarqueurs moléculaires), géochimie inorganique (éléments traces métalliques) et magnétisme des roches (susceptibilité magnétique et cycle d’hystérésis). Nous confronterons ces résultats nouveaux aux données déjà existantes afin de proposer, pour chacun des cas d’étude, un scénario pouvant expliquer la formation d’horizons noirs enrichis en matière organique et les perturbations environnementales associées, perceptibles à différentes échelles.