séminaire du pôle évolution du vivant - vendredi 13 mars

Causes et conséquences de la ressemblance intra-famille dans le comportement de dispersion : le cas du gobe-mouche à collier

Blandine Doligez, UMR CNRS 5558 biométrie et biologie évolutive, université Claude Bernard Lyon 1

vendredi 13 mars 2009 à 11 heures, amphi Mariotte

La dispersion (mouvements des individus entre sites de reproduction) est considérée depuis longtemps comme un trait d’histoire de vie crucial pour les processus écologiques et évolutifs tels les flux de gènes, l’adaptation locale, l’évolution de l’altruisme, etc. dans les populations naturelles. De nombreux travaux théoriques ont donc cherché à comprendre les facteurs ultimes qui influencent l’évolution de ce trait. Cependant, les mécanismes proximaux de la dispersion dans les populations naturelles restent mal connus. La dispersion est souvent considérée comme un comportement fortement plastique et contexte-dépendant, avec un déterminisme multi-factoriel externe, et dont l’héritabilité est, par conséquent, faible. Pourtant, une base génétique de la dispersion (supposée par beaucoup de modèles) est nécessaire pour que des stratégies de dispersion puissent évoluer. Or des ressemblances entre membres d’une même famille dans les comportements de dispersion ont été décrites pour différentes espèces, dont une population « fragmentée » de gobe-mouches à collier (petit passereau migrateur) suivie à long terme en Suède. Dans cette population, la dispersion est facilement définie au niveau individuel par un changement de sous-population d’une année sur l’autre, et on observe que parents et jeunes d’une part, et frères et sœurs d’autre part, présentent une similarité dans la probabilité de disperser. A partir de cet exemple, nous cherchons à comprendre les causes de ces ressemblances (part relative des facteurs génétiques, maternels, environnementaux), ainsi que d’en discuter les conséquences, tant sur un plan méthodologique qu’évolutif.