séminaire du pôle évolution du vivant - vendredi 10 décembre 2010

oursin antarctique Les enjeux d'un modèle de distribution à l'échelle d'un océan : les oursins antarctiques face au réchauffement

Benjamin Pierrat, doctorant du laboratoire

vendredi 10 décembre 2010 à 11 heures, amphithéatre Monge, bâtiment Gabriel


Sous régime glaciaire depuis au moins 18 millions d'années, le continent antarctique est un désert biologique qui contraste de façon saisissante avec l'océan qui l'entoure.

Ce dernier abrite en effet une grande richesse biologique malgré l'existence de conditions environnementales parfois extrêmes (températures négatives de l'eau de mer, environnements benthiques perturbés par le raclage récurrent des icebergs). La faune marine antarctique se caractérise par un fort endémisme associé à des stratégies de vie et des métabolismes originaux (prédominance des espèces incubantes, présence de protéines antigel et spécialisation, voire disparition de l'hémoglobine chez les poissons notothénioïdes, etc.) Ces adaptations et particularités écologiques révèlent aussi la potentielle vulnérabilité de la faune antarctique face à des scénarios de réchauffement climatique rapide et à leurs conséquences tant physiques que biologiques (réduction de la banquise en hiver, fonte des plateformes de glace et réchauffement des eaux dans l'ouest, nouvelles interactions biologiques avec des espèces invasives venues du nord).

Dans le travail présenté, nous tentons d'évaluer l'impact des scénarios climatiques futurs sur la distribution des oursins antarctiques, un groupe bien diversifié et très largement répandu dans les environnements benthiques. La distribution actuelle des espèces a été modélisée à l'échelle de l'Océan austral à l'aide d'un SIG et d'un modèle de niche (MaxEnt), en mettant en relation les données de présence des oursins et les données environnementales disponibles à une telle échelle. Les modèles de distribution montrent l'importance de certains facteurs physiques (profondeur, température, couverture de glace) qui suffisent à modéliser de façon satisfaisante la distribution des oursins à grande échelle. Ces résultats offrent la perspective de pouvoir proposer des modèles de distribution futurs, mais ils soulignent aussi les limites actuelles d'une telle approche, principalement dues au manque de disponibilité de certaines données environnementales et des scénarios climatiques futurs à l'échelle de l'océan.