séminaire du PEV - jeudi 29 novembre 2012

Savane Grand Macoua Des champs sureleves precolombiens aux "champs de buttes" d’origine naturelle : l’écologie de l’auto-organisation spatiale dans les savanes inondables de l’Amérique du sud

Doyle McKey, Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, département interaction, écologie et sociétés

jeudi 29 novembre 2012 à 11 heures, amphi Billet

En déplaçant d’énormes quantités de terre, les agriculteurs précolombiens ont créé, dans certaines savanes sud-américaines, des champs surélevés sur lesquels ils ont pu planter des cultures et conduire une agriculture sédentaire dans ces habitats saisonnièrement inondés. Malgré le fait que l’agriculture sur champs surélevés ait été abandonnée il y a plusieurs siècles, elle a laissé un héritage écologique : des paysages de buttes, remarquablement réguliers, qui semblent être maintenus par des rétroactions positives conduites par des organismes « ingénieurs d’écosystèmes » tels que les vers de terre, les insectes sociaux et les plantes. Dans des savanes saisonnièrement inondées ailleurs en Amérique du sud, ces organismes ingénieurs ont déplacé d’énormes quantités de terre pour créer des paysages à buttes tout aussi réguliers tout seuls, sans l’aide de l’homme. Comment ces paysages à buttes auto-organisés d’origine naturelle ont-ils été formés ? Comment peuvent-ils être distingués de ceux créés par les humains ? Pourquoi ces paysages à buttes d’origine naturelle sont-ils apparus uniquement dans certaines régions, tandis que dans d’autres ils doivent leur apparition à leur construction par l’homme ? Quelles sont les similarités et quelles sont les différences entre les façons dont les paysages à buttes d’origine naturelle et humaine fonctionnent comme écosystèmes ? En étudiant comment les ingénieurs non-humains ont créés ces paysages complexes, pouvons-nous apprendre des choses sur comment construire des agroécosystèmes durables ?