séminaire – vendredi 3 février 2017

Thumbnail imageLes communautés microbiennes et leurs traces d'activité dans les sédiments profonds de la Mer Morte

Camille Thomas, département des sciences de la Terre, groupe de limnogéologie et géomicrobiologie, université de Genève

vendredi 3 février 2017 à 11 heures, dans l'amphi Monge

 

 

Les lacs sont des objets de choix pour l’étude des paléoclimats. Parmi eux, la Mer morte est un cas à part, de par sa salinité, son taux de sédimentation et sa susceptibilité aux variations climatiques. Le projet ICDP Dead Sea Deep Drilling Project a pour objectif de reconstruire les paléo-environnements quaternaires du bassin de la Mer morte, au Proche-Orient. Au sein de ce projet, les interactions minéral-vivant ont été étudiées afin de contraindre la potentielle influence des microbes sur cet environnement extrême. Contrairement à ce que suppose son nom, la Mer Morte abrite des organismes pouvant vivre à des salinités plus de 10 fois supérieures à celle de l’eau de mer. En se basant sur les données fournies par l’ADN, les biomarqueurs lipidiques et les organominéralisations, nous avons pu établir dans les 450 m de carottes de sédiment, la présence d’une activité microbienne actuelle et passée. Cette dernière est variable en fonction des différentes lithologies, et est donc influencée par les variations climatiques. Enfin, il s’avère que même à plus de 200 m dans le sédiment, les communautés microbiennes sont bien actives et continuent d’influencer la biogéochimie des archives continentales.