thèse d'Alexandre Bauer

Thumbnail imageLa manipulation parasitaire dans un contexte multi-hôtes

Directeur de thèse : Thierry Rigaud

Début de thèse : 20XX

 

Résumé

Les parasites multi-hôtes peuvent utiliser des espèces d’hôte différant en abondance et en sensibilité à l’infection. Ces différents hôtes vont contribuer de façon inégale à la transmission et à la fitness des parasites. Les « hôtes clés » sont ceux contribuant significativement plus à l'achèvement du cycle de vie de parasite. Trois critères non exclusifs peuvent servir à identifier un hôte clé, contribuant d'une façon disproportionnée à la transmission des parasites : sa forte abondance, sa forte exposition / sensibilité à l’infection, et le grand nombre de stades infectieux produits par individu infecté.

Les parasites à cycle de vie complexe sont, par définition, des parasites multi-hôtes parce qu'ils exigent qu'au moins deux espèces hôtes successives pour réaliser leur développement. Cependant, ils peuvent aussi utiliser plusieurs espèces hôte différentes à n'importe quelle étape de leur cycle. De nombreux parasites avec un cycle de vie complexe ont développé la capacité de manipuler plusieurs aspects du phénotype de leurs hôtes intermédiaires, et notamment le comportement, augmentant ainsi la probabilité de transmission à leurs hôtes définitifs. Pour ces parasites, la sensibilité de l'hôte à la manipulation doit être incluse dans la définition d’une espèce « hôte clé », à cause de son implication dans la transmission de parasite.

Plusieurs espèces de parasites manipulateurs acanthocéphales utilisent les espèces du genre Gammarus comme hôtes intermédiaires. Il a été montré récemment que de nombreuses espèces cryptiques de G. pulex ou G. fossarum vivent en sympatrie dans les rivières de l’est de la France, apportant une vision nouvelle du spectre d’hôtes intermédiaires que les acanthocéphales peuvent utiliser, et de leur contribution relative.

Le premier objectif de la thèse est d’effectuer un suivi temporel dans deux rivières des fréquences relatives des différentes espèces cryptiques de gammares. Le but est de savoir si ces fréquences sont stables dans le temps (permettant une utilisation simultanée de toutes les ressources d’hôtes par les parasites), ou si elles varient dans le temps (permettant une utilisation séquentielle des hôtes par les parasites). Le deuxième objectif de la thèse est d’estimer la sensibilité à l’infection des différentes espèces cryptiques, puis leur sensibilité à la manipulation comportementale, en réalisant au laboratoire des infections expérimentales.

 

Mots clés

parasites multi-hôtes, spécificité, diversité cryptique

 

Composition du comité de suivi de thèse

Jérôme Boissier, UMR 5244 Interactions hôtes pathogènes environnements, université de Perpignan

Rémi Wattie, laboratoire Biogéosciences, Dijon