HDR de Yannick Moret

Variabilité des défenses immunitaires chez des arthropodes

Soutenue le 22 septembre 2009

 

Résumé

Il peut paraître trivial d’affirmer qu’un système immunitaire performant est associé à une faible probabilité de se voir infecter par un pathogène. Malgré l’importance des pressions de sélection imposées par les pathogènes via les effets néfastes qu’ils imposent l’aptitude phénotypique de leurs hôtes, il existe cependant de nombreux individus qui payent un tribut plus ou moins important aux infections parasitaires. En effet, le système immunitaire des animaux procure une immunité variable parmi, mais aussi au sein, des espèces d’hôtes. Cette variabilité se caractérise souvent par une hétérogénéité de l’amplitude et de la spécificité de la réponse immunitaire aussi bien au niveau génétique que phénotypique. Le processus coévolutif auquel est soumis les hôtes et leurs parasites, la structuration spatiale des populations, l’émergence d’adaptations locales, ainsi que l’existence de compromis dans l’expression de la réponse immunitaire sont autant de facteurs pouvant contribuer à la genèse et au maintient de la variabilité des défenses immunitaires. L’étude de ces facteurs définit un champ d’investigation relativement nouveau de la biologie évolutive : l’immuno-écologie.Ce mémoire rapporte les résultats principaux de mes recherches effectuées au cours de ces sept dernières années dans le domaine de l’immunoécologie. Ces travaux s’articulent selon quatre axes majeurs de recherche. Le premier utilise le système crustacés amphipodes – parasites acanthocéphales et examine l’influence du degré de coévolution entre le parasite et son hôte sur l’évolution de l’allocation de ressources aux défenses immunitaires. Le deuxième axe de recherche utilise lui aussi les crustacés amphipodes comme modèle biologique et s’intéresse à l’influence de nutriments bien particuliers comme les caroténoïdes alimentaires sur l’expression des défenses immunitaires des crustacés, que ce soit par leurs effets immunostimulants ou antioxydants. Le troisième axe de recherche s’interroge sur la signification adaptative des réponses immunitaires longue durée développées par les insectes, notamment chez le coléoptère Tenebrio molitor. Enfin le dernier axe de recherche étudie l’écologie évolutive et les mécanismes du transfert trans-générationnel d’immunité chez les insectes et utilise lui aussi le coléoptère Tenebrio molitor comme modèle biologique.

 

Mots clés

Immuno-écologie, immunité des invertébrés, coût des défenses immunitaires

 

Membres du Jury

Christine Coustau, chargée de Recherche CNRS, Sophia Antipolis - rapporteur

Claudie Doums, maître de conférence EPHE, Paris VI - examinateur

Yannis Michalakis, directeur de Recherche CNRS, Montpellier - rapporteur

Marie-Jeanne Perrot-Minnot, maître de conférence, Dijon - rapporteur

Alain Pugin, professeur, Dijon - examinateur et président du jury

Frédéric Thomas, directeur de recherche CNRS, Montpellier- examinateur