séminaire du pôle évolution du vivant - vendredi 9 novembre

Coévolution hôte-parasite dans le système daphnies-microparasite


Sabrina Gaba, UMR 1210 Biologie et Gestion des Adventices (INRA - Dijon)

Vendredi 9 novembre 2007 à 11 heures, amphi Billet, bâtiment Gabriel

Les interactions antagonistes entre les hôtes et les parasites sont un des processus majeurs sous-jacents à l’évolution et à la biodiversité. Dans les systèmes hôte-parasite, ces interactions conduisent à une évolution réciproque (coévolution) des deux partenaires. En condition expérimentale ou naturelle, la détection de la dynamique temporelle du processus de coévolution requiert un temps considérable et une connaissance des processus génétiques sous-jacents à l’infection. De ce fait, il existe peu d’évidences empiriques d’une coévolution à long terme et en particulier de la théorie de la Reine Rouge dans laquelle les interactions biotiques antagonistes telles que les interactions hôte-parasite peuvent conduire à des dynamiques évolutives réciproques. Les stades dormants de daphnies (puce d’eau douce) et de ses microparasites qui sont conservées dans les sédiments des lacs, fournissent une archive de pool de gènes. Dans cette étude, nous exploitons cette particularité et reconstruisons les populations anciennes de daphnies (Daphnia magna) et de son parasite, la bactérie Pasteuria ramosa afin de tester les changements coévolutifs. La comparaison expérimentale de la performance d’une population de parasites face à une population contemporaine d’hôtes avec la performance de la population de parasites face à une population d’hôtes de la génération précédente ou suivante, permet de mettre en évidence une dynamique coévolutive en conditions naturelles. Nous montrons que le parasite traque rapidement son hôte sur une période de seulement quelques années. Un modèle de coévolution basé sur une hypothèse de sélection fréquence dépendance permet de comprendre le patron de coévolution observé.