séminaire du pôle évolution du vivant – vendredi 1er février 2013

Concilier conservation de la faune sauvage et risques sanitaires

Michel Gauthier-Clerc, station biologique de la Tour du Valat, département « conservation des espèces et de leurs populations dans le contexte des changements globaux »

vendredi 1er février 2013, amphi Monge, 11 heures

Le monde fait actuellement face à des perturbations à une échelle et une vitesse sans précédents. Ces perturbations se révèlent notamment par deux crises majeures, une crise écologique marquée par une extinction massive de la biodiversité et une crise sanitaire marquée par l'émergence ou la ré-émergence de pathogènes. Après une phase d'optimisme victorieux suivant en particulier le développement des traitements antibiotiques et de la vaccination les dernières décades ont vu l'émergence ou la ré-émergence d'agents pathogènes affectant les populations humaines ou les animaux domestiques. Dans les populations humaines trois quarts des maladies infectieuses émergentes ont une origine zoonotique et parmi elles une majorité provient d'animaux sauvages, comme celles induites par les virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), de la fièvre West Nile ou de la fièvre Ebola.

Mais, alors que nous n’avons jamais été aussi armés pour y faire face, les réactions lors des crises restent souvent inadéquates, l’émotion publique supplantant la raison scientifique. La nature, ses bêtes sauvages, et ses microbes... deviennent facilement les boucs émissaires de nos craintes, masquant les raisons profondes de ces émergences. Tournés historiquement vers une approche diagnostique et de traitement rapide (e.g. vaccination, médication), les mondes de la santé, humaine et vétérinaire, ne se sont tournés que récemment vers l'environnement et l'écologie pour appréhender les mécanismes évolutifs et écologiques sous-jacents, pour anticiper les émergences et adapter leurs moyens de contrôle sur le long terme.