thèse de Lucile Dianne

gammare parasité Caractérisation du rôle du stade non-infectieux du parasite acanthocéphale Pomphorhynchus laevis dans la manipulation comportementale de son hôte intermédiaire amphipode

Financement : CNRS / région Bourgogne

Directeurs : Thierry Rigaud et Marie-Jeanne Perrot-Minnot

Début de thèse : octobre 2009

Soutenue le 6 décembre 2012

 

La version pdf de la thèse est consultable [ ici ].

  

Résumé

Chez les parasites à cycle complexe et à transmission trophique, des stratégies d’exploitation de l’hôte intermédiaire ont été sélectionnées, permettant à la larve de parasite d’accroître ses chances de transmission vers l’hôte définitif. Notamment, de nombreux parasites sont capables d’altérer le comportement de leur hôte intermédiaire (manipulation comportementale). Cette manipulation n’intervient que lorsque le stade larvaire du parasite est infectieux pour l’hôte définitif. Avant d’atteindre cette infectivité, le développement du stade larvaire n’est pas suffisamment avancé pour lui permettre de s’établir dans l’hôte définitif (il est dit non-infectieux). La transmission prématurée d’un stade non-infectieux, via la prédation de l’hôte parasité, implique alors la mort du parasite. Les parasites capables de renforcer les défenses anti-prédateurs de leur hôte intermédiaire au stade non-infectieux (i.e. de le protéger vis-à-vis de la prédation), avant de manipuler leur comportement au stade infectieux (i.e. de les exposer à la prédation par l’hôte définitif) devraient avoir été sélectionnés. Dans ces travaux de thèse, j’ai pu montrer qu’au stade larvaire non-infectieux, le parasite acanthocéphale Pomphorhynchus laevis renforce les défenses anti-prédateurs de son hôte intermédiaire amphipode, ce qui a pour effet de diminuer ses risques de prédation, par rapport à des hôtes non-infectés. Cet effet protecteur de l’hôte intermédiaire affecte l’approvisionnement de l’amphipode, qui se nourrit moins que les amphipodes non-infectés, bien que cela n’ait aucune incidence sur l’état des réserves énergétiques de l’hôte. De même, le comportement reproducteur de l’hôte n’est pas affecté par l’infection par ce stade protecteur. Les bénéfices de cette stratégie protectrice semblent partagés entre le parasite et son hôte. Les origines de cette stratégie parasitaire sont discutées, et des perspectives écologiques à ce changement comportemental de l’hôte sont suggérées.

 

Mots-clés

relations hôtes-parasites ; modifications comportementales ; races d'hôtes ; crustacés d'eau douce

 

Membres du comité de thèse

Karen McCoy, IRD Montpellier

Frédéric Fleury, laboratoire de biométrie et biologie évolutive, Lyon 1

Rémi Wattier, laboratoire Biogéosciences, université de Bourgogne 

 

Composition du jury

Loïc Bollache, université de Bourgogne – président

Jacob Koella, université de Neuchâtel (Suisse) – examinateur

Yannick Outreman, Agrocampus ouest, Rennes – rapporteur

Marie-Jeanne Perrot-Minnot, université de Bourgogne – directeur

Thierry Rigaud, laboratoire Biogéosciences, Dijon – directeur

Ana Rivero, CNRS, Montpellier – examinateur

Frédéric Thomas, CNRS, Montpellier – rapporteur