thèse de Matthias Galipaud

gammares en amplexus Stratégies de reproduction et patrons qui en résultent chez les crustacés à gardiennage précopulatoire : une approche empirique et théorique

allocation de recherche ministérielle

Directeurs : Loïc Bollache et F.-X. Dechaume-Moncharmont

Début de thèse : octobre 2009

Soutenue le 13 décembre 2012

 

Le tapuscrit de la thèse est téléchargeable [ ici ].

 

Résumé

Chez de nombreuses espèces, les partenaires de reproduction restent associés un long moment avant ou après la reproduction. Ces associations permettent d’observer les couples dans les populations naturelles et fournissent d’importantes informations quand aux stratégies utilisées par les individus pour accéder aux partenaires de reproduction. Cependant, de nombreuses contraintes liées par exemple à la compétition pour l’accès aux partenaires peuvent agir sur ces stratégies. En conséquence, il n’est généralement pas suffisant d’inférer les stratégies de reproduction des individus à partir des patrons d’accouplement seulement. Chez les espèces à gardiennage précopulatoire, les mâles agrippent les femelles plusieurs jours avant la reproduction. Les couples ainsi formés ont souvent été décrits comme étant assortis par taille. Lors de cette thèse, nous nous sommes intéressés à l’étude des causes potentielles d’un tel patron d’accouplement. À l’aide d’une étude théorique, nous avons pu montrer qu’un assortiment pour la taille pouvait résulter de stratégies de choix du partenaire mâle basées sur la maturité des femelles. Ce résultat souligne la possibilité qu’un patron d’accouplement puisse résulter de plusieurs types de stratégies de reproduction et démontre l’importance de considérer le processus complet de mise en couple dans les études de choix de partenaire. Dans un second temps, nous nous sommes donc penchés sur les stratégies de choix de partenaire mâle chez le crustacé amphipode Gammarus pulex lors de la phase de gardiennage précopulatoire. Les précédentes études consacrées à ce sujet ont décrit les mâles comme étant capables de discriminer les femelles avant d’initier la phase de gardiennage, après quoi ils étaient considérés comme gardant résolument la femelle choisie jusqu’à la reproduction. Pourtant, nous avons montré que les mâles étaient aussi capables de changer de femelle, même après l’initiation du gardiennage. Les mâles ne semblaient cependant pas toujours changer de partenaire pour accéder à des femelles de meilleure qualité, révélant de possibles contraintes dans l’évolution des processus de décision dans de tels systèmes de reproduction.
Si les stratégies mâles ont un rôle important dans l’établissement des patrons de reproduction chez ces espèces, il en est potentiellement de même pour les stratégies femelles. Le gardiennage précopulatoire est souvent considéré comme étant bénéfique pour les mâles mais coûteux pour les femelles. En conséquence, un conflit sexuel est supposé exister quant à la durée du gardiennage, les mâles préférant les gardiennages longs et les femelles préférant les gardiennages courts. Cependant, peu d’études ont examiné de potentiels bénéfices liés au gardiennage pour les femelles, surestimant peut être ainsi la force du conflit sexuel. Nous avons montré que les femelles G. pulex bénéficiaient potentiellement des gardiennages longs puisque associés à un taux de reproduction plus élevé. Ceci remet partiellement en cause l’existence d’un fort conflit sexuel sur la durée du gardiennage précopulatoire chez cette espèce.

Composition du jury
Loïc Bollache, université de Bourgogne – directeur
Frank Cézilly, université de Bourgogne – examinateur
François-Xavier Dechaume-Moncharmont, université de Bourgogne – directeur
Tim W. Fawcett, University of Bristol – examinateur
Jacques Labonne, INRA Saint-Pée sur Nivelle – examinateur
François Rousset, université Montpellier II – rapporteur
Michael Taborsky, University of Bern – rapporteur