thèse de Fanny Vogelweith

Thumbnail imageEffet de la plante hôte sur l’immunité des insectes phytophages : influence du cépage de vigne sur la capacité des vers de la grappe à se défendre contre des bio-agresseurs

Financement : contrat doctoral avec enseignement

Encadrants : Jérôme Moreau et Yannick Moret (Biogéosciences, Dijon), Denis Thiéry (UMR INRA 1065 santé végétale, ISVV, INRA Bordeaux)

Début : octobre 2010

Soutenue le 13 décembre 2013

 

Le tapuscrit de la thèse est téléchargeable [ ici ].

 

Résumé

Lors des interactions tri-trophiques impliquant une plante hôte, ses insectes phytophages et leurs ennemis naturels (parasitoïdes, prédateurs...), chaque niveau trophique est fortement dépendant des autres. La plante hôte peut influencer directement les traits d’histoire de vie des insectes phytophages et indirectement les ennemis naturels se développant aux dépens de ces insectes phytophages. Lorsque qu’un ennemi naturel comme un parasitoïde attaque l’insecte phytophage, son système immunitaire constitue sa dernière chance de survie. Une grande variation dans l’immunité des insectes est généralement observée dans les populations naturelles, suggérant que différentes pressions de sélection peuvent moduler et conduire à une adaptation des paramètres immunitaires. Ma thèse vise à déterminer les influences conjointes de la plante hôte et des parasitoïdes, sur les paramètres immunitaires des chenilles de deux ravageurs de la vigne, Cochylis (Eupoecilia ambiguella) et Eudémis (Lobesia botrana).

Durant ces trois années, nous avons mis en évidence une forte influence du cépage de vigne sur les effecteurs immunitaires des chenilles de vers de la grappe. De plus, le cépage de vigne semble être à l'origine d'un compromis entre les voies immunitaires constitutives et induites. La présence variable de bactéries à la surface des baies ne semble pas être à l'origine de ce compromis. Outre le cépage de vigne, nous avons démontré une forte action des parasitoïdes sur l'immunité des vers de la grappe. A l'échelle nationale, les populations d’eudémis les plus immunocompétentes sont également les populations les plus parasitées. Cette corrélation positive entre le succès de parasitisme et les paramètres immunitaires des chenilles ne semble pas expliquée par une réponse plastique du système immunitaire des chenilles à la présence des parasitoïdes, mais plutôt par une sélection locale du système immunitaire, en réponse à la pression de parasitisme subie par ces chenilles sur plusieurs années.

Les différentes études réalisées dans le cadre de ma thèse confirment la complexité des relations tri-trophiques entre la plante hôte, l’insecte phytophage et ses ennemis naturels. L’intégration du système immunitaire de l’insecte phytophage semble primordiale dans la compréhension des interactions unissant ces trois protagonistes.

 

Mots clés

adaptation locale, cépage de vigne, compromis immunitaire, interactions tri-trophiques, tordeuses de la vigne

 

Membres du comité

Thierry Rigaud (Biogéosciences, Dijon)

Emmanuel Desouhant (LBBE, Lyon)

 

Jury

Arnaud Améline, examinateur

Loïc Bollache, examinateur

Jérôme Moreau, directeur

Yannick Moret, co-encadrant

Yannick Outreman, examinateur

Marylène Poirié, rapporteur

Mathieu Sicard, rapporteur

Denis Thiéry, co-encadrant