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Article publié dans Current Biology

Retour au village après un travail d’enquête dans les plantations, Doussala, Gabon. Crédit Clémentine Durand-Bessart Les savoirs écologiques locaux contribuent à la connaissance des réseaux d’interactions arbres-frugivores dans les forêts d’Afrique tropicales

Les réseaux d’interactions entre les arbres produisant des fruits charnus et les espèces de vertébrés frugivores qui dispersent leurs graines sont encore mal connus. La connaissance approfondie de ces réseaux permettrait, entre autres, d’évaluer le rôle fonctionnel joué par les différentes espèces de vertébrés, via la dispersion, dans la structure et les dynamiques forestières. Acquérir de telles connaissances devient une urgence car ces vertébrés sont actuellement menacés par une importante défaunation, qui en plus de conduire à l’extinction des espèces entraine des extinctions fonctionnelles qui perturbent ces communautés forestières via les relations plantes-animaux. Notre méconnaissance de la structure de ces réseaux d’interactions plantes-animaux est notamment liée à des biais d’échantillonnages en faveur des espèces de vertébrés les plus emblématiques (grands singes, éléphants…). Les savoirs écologiques locaux sont ici une aide précieuse pour obtenir des connaissances supplémentaires qui sont parfois difficilement accessible à la communauté académique.
Notre étude, visait donc à identifier les potentielles synergies entre les connaissances écologiques locales et les connaissances académiques. Pour cela, une équipe internationale menée par une doctorante et un chercheur de l’UMR Biogéosciences, a travaillé à compiler les interactions plantes-frugivores, reliant 286 espèces d’arbres et 100 espèces de frugivores à partir de la littérature et d’entretiens passés au Gabon dans une communauté rurale. Les résultats, publiés en ligne le 6 mars dans la revue Current Biology, montrent que les connaissances écologiques locales sur les interactions de frugivorie étaient substantielles et originales, avec 39 % de ces interactions inconnues de la science. Ces résultats montrent que la combinaison des connaissances académiques et écologiques locales affecte la relation fonctionnelle liant la masse corporelle des frugivores à la taille des graines, ainsi que la structure du réseau. Cet article met en évidence les avantages de diversifier les systèmes de connaissances entre les communautés académiques et les communautés locales pour une meilleure compréhension du fonctionnement et de la réponse aux perturbations des forêts afrotropicales.

 

Référence

Clémentine Durand-Bessart, Etienne François Akomo-Okoue, Ghislain Wilfried Ebang Ella, Vincent Porcher, Paul Yannick Bitome Essono, François Bretagnolle, Colin Fontaine. 2024. Local people enhance our understanding of Afrotropical frugivory networks. Current Biology 34, 1–8

 

Contact chercheur

François Bretagnolle – Francois.Bretagnolle@u-bourgogne.fr, Biogéosciences, UMR 6282 CNRS, Université de Bourgogne

 

Correspondant communication du laboratoire

Alexandre Pohl – alexandre.pohl@u-bourgogne.fr, Biogéosciences, UMR 6282 CNRS, Université de Bourgogne 

extrait:
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Retour au village après un travail d’enquête dans les plantations, Doussala, Gabon. Crédit Clémentine Durand-Bessart Les savoirs écologiques locaux contribuent à la connaissance des réseaux d’interactions arbres-frugivores dans les forêts d’Afrique tropicales

Les réseaux d’interactions entre les arbres produisant des fruits charnus et les espèces de vertébrés frugivores qui dispersent leurs graines sont encore mal connus. La connaissance approfondie de ces réseaux permettrait, entre autres, d’évaluer le rôle fonctionnel joué par les différentes espèces de vertébrés, via la dispersion, dans la structure et les dynamiques forestières. Acquérir de telles connaissances devient une urgence car ces vertébrés sont actuellement menacés par une importante défaunation, qui en plus de conduire à l’extinction des espèces entraine des extinctions fonctionnelles qui perturbent ces communautés forestières via les relations plantes-animaux. Notre méconnaissance de la structure de ces réseaux d’interactions plantes-animaux est notamment liée à des biais d’échantillonnages en faveur des espèces de vertébrés les plus emblématiques (grands singes, éléphants…). Les savoirs écologiques locaux sont ici une aide précieuse pour obtenir des connaissances supplémentaires qui sont parfois difficilement accessible à la communauté académique.
Notre étude, visait donc à identifier les potentielles synergies entre les connaissances écologiques locales et les connaissances académiques. Pour cela, une équipe internationale menée par une doctorante et un chercheur de l’UMR Biogéosciences, a travaillé à compiler les interactions plantes-frugivores, reliant 286 espèces d’arbres et 100 espèces de frugivores à partir de la littérature et d’entretiens passés au Gabon dans une communauté rurale. Les résultats, publiés en ligne le 6 mars dans la revue Current Biology, montrent que les connaissances écologiques locales sur les interactions de frugivorie étaient substantielles et originales, avec 39 % de ces interactions inconnues de la science. Ces résultats montrent que la combinaison des connaissances académiques et écologiques locales affecte la relation fonctionnelle liant la masse corporelle des frugivores à la taille des graines, ainsi que la structure du réseau. Cet article met en évidence les avantages de diversifier les systèmes de connaissances entre les communautés académiques et les communautés locales pour une meilleure compréhension du fonctionnement et de la réponse aux perturbations des forêts afrotropicales.

 

Référence

Clémentine Durand-Bessart, Etienne François Akomo-Okoue, Ghislain Wilfried Ebang Ella, Vincent Porcher, Paul Yannick Bitome Essono, François Bretagnolle, Colin Fontaine. 2024. Local people enhance our understanding of Afrotropical frugivory networks. Current Biology 34, 1–8

 

Contact chercheur

François Bretagnolle – Francois.Bretagnolle@u-bourgogne.fr, Biogéosciences, UMR 6282 CNRS, Université de Bourgogne

 

Correspondant communication du laboratoire

Alexandre Pohl – alexandre.pohl@u-bourgogne.fr, Biogéosciences, UMR 6282 CNRS, Université de Bourgogne 

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